Guatemala, 2007 : L'ÉDUCATION À L'ŒUVRELe professeur d'espagnol, Roberto Miranda, membre de l'AFPC à Santé Canada, et un groupe de ses étudiants et étudiantes ont accepté de participer en tant que bénévoles à un projet d'habitation dans le cadre de l'initiative L'Éducation à l'œuvre dans l'une des collectivités les plus pauvres du Guatemala. Le projet a bénéficié de l'appui du Comité Campesino del Altiplano (CCDA), coalition populaire œuvrant pour protéger les droits des agriculteurs et agricultrices au Guatemala. | | Roberto Miranda, membre de l'AFPC à Santé Canada, et ses étudiants et étudiantes |
Pays de l'Amérique centrale entouré de volcans, le Guatemala est toujours ravagé par les conséquences de la guerre civile qui a duré 36 ans et du génocide perpétré contre la population maya. Aujourd'hui, le Guatemala a une population de 13 millions, dont plus de la moitié vit sous le seuil de la pauvreté. Dans certaines régions autochtones du pays, 95 % des habitants vivent dans la pauvreté et 75 % dans la pauvreté extrême. Près des deux tiers de la population autochtone souffre de malnutrition chronique. La guerre civile, qui a duré de 1960 à 1996, a officiellement pris fin avec la signature du traité de paix à la fin de 1996. Les efforts de reconstruction ont malheureusement été contrés par l'ouragan Stan en 2005, lorsque de nombreuses collectivités ont été emportées par les eaux et des milliers de personnes sont restées sans abri. L'initiative L'Éducation à l'œuvre, soutenue en partie par le Fonds de justice sociale de l'AFPC, a recueilli suffisamment de fonds pour construire 14 maisons pour les familles dans le besoin, avec la collaboration du CCDA. | | Critère de sélection des bénéficiaires d'une habitation |
Le 1er mars 2007, le groupe de bénévoles est arrivé à la collectivité de Quixayá, San Lucas Tolimán, où les enfants se sont empressés autour des véhicules avec curiosité et enthousiasme. Les bénévoles ont été répartis entre plusieurs familles dans la collectivité, où ils ont été logés, où ils ont été logés, et on a donné le coup d'envoi au projet.  | | Accueil des nouveaux amis et amies du Canada |  | | Les enfants accueillent les Canadiens et Canadiennes |
Les résidents de Quixayá, San Lucas Tolimán, sont au nombre des milliers d'Autochtones expulsés par les importants propriétaires fonciers ainsi que déplacés par les incursions militaires dans les villages au cours de la guerre civile qui a duré 36 ans. Aujourd'hui, plus de 5 000 Mayas vivent dans la collectivité de Quixayá, San Lucas Tolimán, où les conditions sont précaires et la pauvreté affligeante. Il y a près de 12 ans, un prêtre espagnol a acheté une petite parcelle à Quixayá pour y ériger une église. Le chef du CCDA, Leocadio Juracan, est devenu résident permanent de Quixayá, où il continu de solliciter les organismes du monde entier pour protéger les droits des peuples autochtones qui sont déplacés et opprimés par leur propre gouvernement. Le CCDA a acheté plusieurs hectares en 2003 et produit actuellement du café biologique de commerce équitable, pour lequel les travailleuses et travailleurs reçoivent un salaire juste. Le café est exporté sous la marque « Café Justicia » et est vendu dans six villes au Canada, de Vancouver à Halifax. Le Fonds de justice sociale de l'AFPC appuie le Café Justicia en fournissant des étiquettes pour les sachets.   | | | Leocadio Juracan, président du CCDA, présente un cadeau pour le compte de Café Justicia | |
| | Marcello, travailleur, tri les fèves de café |
Quarantecinq minutes au sudouest de Quixayá se trouve la collectivité d'El Esfuerzo (L'Effort), où 46 familles tentent désespérément de survivre. Il y a trois ans, elles ont acheté les terres d'un propriétaire privé où elles espéraient se livrer à l'agriculture vivrière, soit la culture de maïs et d'une variété de légumes. Malheureusement, le propriétaire n'a jamais fixé un prix définitif pour les terres et un acte de vente n'a pas été signé. Les familles déplacées devaient acquitter le paiement des terres après quatre ans ou commencer les paiements après la vente de leur première récolte. En raison de la piètre qualité du sol et de la pénurie d'eau, la collectivité d'El Esfuerzo n'a malheureusement pu cultiver quoi que ce soit. Le propriétaire foncier s'attend à recevoir l'intégralité du paiement l'année prochaine. Les familles sont désespérées et n'ont pas d'idée de ce que leur réserve l'avenir. | | Habitation familiale faite de bambou et de plastique | Pour se rendre à la collectivité d'El Esfuerzo, il faut emprunter, soit à pied ou en véhicule tout terrain, un chemin tortueux de sable tassé sur 20 km. Portant jusqu'à 75 livres de vivres et de bois sur leur dos ou tête, les résidents du village doivent se rendre à pied chez leur famille qui vit dans les collines. | | Une fillette de neuf ans franchit 1 km pour puiser de l'eau |
Les résidents ont construit une école en bambou, mais ils n'ont pas d'enseignant ou enseignante. Leur maison de taille modeste est à peine suffisante pour y dormir. Il arrive souvent que toute la famille partage le même lit. La nourriture est rare et les conditions sont difficiles et démoralisantes.  | Cuisine prête pour le prochain repas |  | Famille vivant d’espoir |  | Des feuilles de bananier tiennent les semis au frais |
Des vêtements et des médicaments sont livrés aux hommes, aux femmes et aux enfants, mais la nourriture et l'eau représentent une nécessité urgente. Des plantations privées encouragent des familles entières, y compris les enfants, à travailler leurs cultures commerciales. Le salaire quotidien d'une travailleuse ou d'un travailleur agricole devrait être de 14 $US, mais la loi n'est pas appliquée. Par conséquent, de nombreux ouvriers et ouvrières acceptent un salaire réduit, soit environ 4 $US par jour, pour effectuer le même travail. Pourtant, les femmes ne gagnent pas un salaire égal et parfois seulement la moitié de ce que gagnent les hommes. Les enfants ne sont pas payés du tout, bien qu'ils soient obligés de travailler. Les travailleurs et travailleuses font à peine assez d'argent pour acheter de la nourriture pour leur famille. Le CCDA s'efforce désespérément de trouver des solutions pour venir en aide à cette collectivité. Les femmes dans la région continuent d'être victimes d'oppression, après avoir survécu à 500 ans de discrimination raciale et culturelle, d'inégalité sexuelle à la maison et d'exploitation dans les plantations privées. Outre les tâches agricoles, les femmes doivent faire le travail ménager, laver les vêtements et prendre soin des membres de la famille. Les jeunes filles jouent un rôle important dans la famille, car elles apprennent dès leur jeune âge à prendre soin de leurs frères et sœurs. À la puberté, les adolescentes deviennent des femmes et subissent la même oppression que leur mère. Peu de femmes renoncent à ce rôle par crainte d'être condamnées et rejetées par leur époux et la collectivité. Malgré tout, des femmes assument un rôle de chef. Lidia, mère de cinq enfants, et Angela, mère de dix, n'ont pas hésité à travailler aux côtés de l'équipe de bénévoles, ont fracassé des pierres et nivelé la terre pour jeter les fondations sur lesquelles ériger les maisons. | | Lidia et les membres de sa famille |  | | Angela et quatre de ses enfants |
À Quixayá, un groupe de femmes a été créé par sept femmes, y compris Bertha, la présidente, Sylvie, viceprésidente, ainsi que Victoria et Emiliana. Ce groupe se charge de l'administration de nombreux projets dans la collectivité. Ces femmes ont gagné en puissance au fil des ans et ne craignent plus de distribuer des dépliants et de prendre la parole pour protéger les droits des femmes. Le CCDA engage souvent ces femmes pour animer les activités et pour préparer les repas pour les visiteurs étrangers, tel le groupe de Canadiens et Canadiennes de l'initiative L'Éducation à l'œuvre. | | De gauche à droite, Sylvie, Bertha, Victoria et Emaliana |
Le CCDA appuie également un autre groupe de 390 femmes venant de sept différentes collectivités. Le CCDA fournit 30 livres de fil à ces femmes pour leur travail de tissage. Les femmes vendent 20 livres de leurs produits finis sur le marché et elles remettent 10 livres au CCDA qui, à son tour, vend les produits et réinjecte les fonds dans le programme. Même si ces groupes prennent de l'expansion et veulent échanger leurs connaissances et leurs forces entre eux, les femmes n'ont aucun moyen de transport. Ainsi, les collectivités demeurent isolées. | | Une Canadienne apprend à tisser |
Le CCDA continue d'élaborer des programmes offrant des occasions éducatives, y compris des bourses. Quixayá compte désormais son premier comptable, diplômé qui a reçu une bourse du CCDA. Lesbia, autre diplômée, est la première femme à recevoir une bourse dans la collectivité. À mesure que le programme prend de l'ampleur, le CCDA incite d'autres jeunes femmes à présenter une demande. Une bénévole canadienne, prenant part au projet de L'Éducation à l'œuvre, est surprise par toute la collectivité de Quixayá, San Lucas Tolimán, lorsqu'elle revient de sa journée de travail à construire des maisons. On a préparé un gâteau en son honneur ainsi qu'une soirée de chansons pour célébrer son anniversaire. La générosité chaleureuse des membres de la collectivité a été fort appréciée par les bénévoles. | | Quatrevingt enfants réunis pour célébrer l'anniversaire d'une Canadienne | Au début, peu de personnes venaient aider les bénévoles canadiens à construire les maisons. À mesure que les jours passaient, de plus en plus de villageois et villageoises ont contribué leur aide. | Groupe de bénévoles de L'Éducation à l'oeuvre
| Les Mayas à Quixayá ne savaient pas comment utiliser des outils électriques et peu d'entre eux pouvaient se servir d'un galon, mais après qu'ils l'ont appris, ils en sont passés maîtres. À mesure que le projet progressait, de plus en plus de membres de la collectivité se sont engagés. Au début du projet de construction, les membres de la collectivité ont prêté secours à l'équipe de bénévoles. À la fin du projet, les rôles étaient inversés et c'était l'équipe de bénévoles qui secondaient les constructeurs et constructrices.Maintenant les membres de la collectivité continueront de construire des maisons grâce aux connaissances qu'ils ont acquises.  |  | | Quixayá continuera son expansion | Tout le monde veut participer |  |  | | Les enfants veulent apprendre | Les filles veulent participer |  |  | | | Victor, 67 ans, aura bientôt un toit où prendre soin de son enfant malade |  | Les Canadiens et Canadiennes ont construit 7 des 14 maisons avant leur retour au Canada. Avec les matériaux de construction restants, les résident de Quixayá construiront les autres maisons. |
Un grand merci à Roberto Miranda, membre de l'AFPC et militant communautaire, à Leocadio Juracan, président du CCDA, et à tous les bénévoles canadiens et de l'Amérique latine, le Fonds de justice sociale de l'AFPC et à d'autres ONG de leur contribution au succès du projet d'habitation de L'Éducation à l'œuvre. | Un cadeau du CCDA et de la collectivité remis à l'Alliance de la Fonction publique du Canada
| Et un merci spécial aux résidents de Quixayá, Guatemala
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